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01ÉPREUVES

L'entretien d'assimilation : à quoi il sert, qui vous reçoit

Dans une demande de naturalisation, un agent de la préfecture vérifie votre assimilation lors d'un entretien. Ce que la loi en dit, et ce qu'il n'est pas.

ÉQUIPE ÉDITORIALE ÉTAPE FRANCELECTURE 6 MIN

Un rendez-vous prévu par la loi, pas une formalité

Quand vous demandez la nationalité française par naturalisation, votre dossier passe par plusieurs contrôles. L'un d'eux est un entretien : un rendez-vous, en personne, avec un agent de l'administration.

Cet entretien n'est pas une invention de la préfecture. Il est écrit dans un texte, l'article 41 du décret du 30 décembre 1993. Ce texte dit que vous vous présentez en personne, devant un agent désigné par son nom par l'administration qui a reçu votre demande.

La page officielle service-public.gouv.fr résume l'objectif en une phrase : « L'entretien a pour but de vérifier votre assimilation à la communauté française, notamment votre adhésion aux principes et aux valeurs essentiels de la République. »

Le mot important est assimilation. Il vient de la loi elle-même, et nous l'expliquons juste après.

Ce que dit exactement l'article 21-24 du code civil

Voici le début de l'article, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2026 :

« Nul ne peut être naturalisé s'il ne justifie de son assimilation à la communauté française, notamment par une connaissance suffisante, selon sa condition, de la langue, de l'histoire, de la culture et de la société françaises, dont le niveau et les modalités d'évaluation sont fixés par décret en Conseil d'Etat, et des droits et devoirs conférés par la nationalité française ainsi que par l'adhésion aux principes et aux valeurs essentiels de la République. »

Ce texte a été modifié par la loi du 26 janvier 2024. Deux choses en découlent aujourd'hui :

Le niveau de français demandé a monté. L'article exige un niveau qui permet « de comprendre le contenu essentiel de sujets concrets ou abstraits dans un texte complexe ». Le décret traduit cette phrase par le niveau B2.

Une charte est signée à la fin. L'article se termine ainsi : « A l'issue du contrôle de son assimilation, l'intéressé signe la charte des droits et devoirs du citoyen français. »

Trois contrôles différents, à ne pas confondre

Beaucoup de candidats pensent que « l'entretien » est le moment où l'on vérifie tout : le français, l'histoire, les valeurs. Ce n'est plus le cas. Depuis les textes de 2025, l'assimilation est vérifiée en trois temps, par trois organismes différents.

Ce qui est vérifiéCommentPar qui
Votre niveau de français (B2)Un diplôme, ou une attestation de test de moins de deux ans (TCF IRN, TEF)L'organisme qui fait passer le test
Vos connaissances : histoire, institutions, sociétéL'examen civique, un QCM de 40 questionsUn organisme agréé par le ministère
Vos droits et devoirs, votre adhésion aux valeurs de la RépubliqueL'entretien individuelUn agent de la préfecture
Sources : articles 37 et 41 du décret du 30 décembre 1993, dans leur version en vigueur depuis le 18 juillet 2025, et arrêté du 10 octobre 2025 pour le format de l'examen civique. Consultés le 9 septembre 2026.

Qui vous reçoit

L'article 41 est précis : vous vous présentez « devant un agent désigné nominativement par l'autorité administrative chargée de recevoir la demande ». En clair, c'est un agent de la préfecture, choisi nommément pour cet entretien.

Ce n'est donc ni un jury, ni un examinateur d'un organisme privé, ni l'organisme qui a fait passer votre test de français.

À la fin, le même agent « établit un compte rendu de cet entretien ». Ce compte rendu suit votre dossier.

Quand l'entretien a lieu, et quand il n'a pas lieu

L'entretien arrive après deux étapes.

D'abord, votre dossier doit être recevable. Un dossier recevable est un dossier qui remplit les conditions posées par la loi : l'administration peut alors l'examiner sur le fond. La page service-public.gouv.fr le dit simplement : « Si votre demande est recevable, vous serez convoqué à un entretien. » Si une condition de la loi n'est pas remplie, l'article 43 du décret permet de déclarer la demande irrecevable « sans qu'il soit besoin de procéder à l'entretien ».

Ensuite, l'entretien est « conduit après réception des enquêtes » prévues par le décret. La page officielle précise qu'« une enquête est faite sur votre comportement civique (manifesté par exemple par le paiement des impôts) ».

Un point nouveau depuis juillet 2025 : l'article 44-1 du décret permet à la préfecture de prendre une décision de rejet ou d'ajournement sans entretien, si elle constate dès l'instruction « qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ». Autrement dit, être convoqué à l'entretien signifie que votre dossier est allé jusque-là.

Ce que cette page ne vous dira pas

Nous décrivons la procédure telle que les textes la fixent. Nous ne pouvons pas :

Estimer vos chances. Personne ne le peut à votre place, sauf l'administration qui instruit votre dossier.

Vous donner les questions. Les textes fixent ce que l'agent vérifie, pas les questions qu'il pose. Toute liste de « questions officielles » trouvée sur internet ne vient pas des textes.

Vous conseiller sur un recours, une situation de séjour, un contentieux. C'est du conseil juridique. Pour cela, adressez-vous à un avocat en droit des étrangers ou à un point d'accès au droit.

L'entretien de naturalisation est-il obligatoire ?
Oui, quand le dossier est recevable et instruit, c'est-à-dire examiné par l'administration. L'article 41 du décret prévoit que vous vous présentez en personne. Si vous ne venez pas sans motif légitime, la demande peut être classée sans suite : le dossier s'arrête là. Les cas sans entretien sont ceux où la préfecture déclare la demande irrecevable, la rejette ou l'ajourne avant ce stade.
Est-ce le même entretien que pour la nationalité par mariage ?
Non. La déclaration de nationalité par mariage a son propre entretien, prévu par l'article 15 du même décret, qui porte notamment sur la vie commune des époux. Cette page parle uniquement de la naturalisation par décret.
L'agent va-t-il tester mon français pendant l'entretien ?
Le niveau de français se prouve avant, par un diplôme ou une attestation de test. L'article 37 du décret dit que l'expression orale est évaluée « par l'organisme délivrant l'attestation dans le cadre d'un entretien » : c'est l'entretien du test de langue, pas celui de la préfecture. L'entretien de la préfecture se déroule en français, mais son objet est votre assimilation.
Que se passe-t-il à la fin de l'entretien ?
L'agent rédige un compte rendu, et vous signez la charte des droits et devoirs du citoyen français. C'est écrit dans l'article 21-24 du code civil et rappelé sur service-public.gouv.fr.
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